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Subir l’obsolescence ou programmer la pérennité ?

25 Mai 2022

L’OBSOLESCENCE PROGRAMMÉE,
UN USAGE INDUSTRIEL ANCIEN…

Depuis le début du 20e siècle, un principe de durabilité limitée (la fameuse obsolescence programmée) est couramment appliqué sur les produits technologiques de consommation courante.

Si Le Petit Larousse définit l’obsolescence comme « la dépréciation d’un matériel ou d’un équipement avant son usure matérielle », la loi française définit l’obsolescence programmée comme « l’ensemble des techniques par lesquelles un metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit dans le but d’en augmenter le taux de remplacement ».

Les ressorts de l’obsolescence programmée sont divers :

  • Fragilité délibérée de certaines pièces non remplaçables ;
  • Manque de renfort sur des pièces de fatigue ;
  • Limitation technique ;
  • Évolution limitée d’un produit le rendant incompatible avec l’évolution de son environnement (accessoires, consommables, version de logiciel, etc.) ;
  • Ressort psychologique consistant à dévaloriser un ancien modèle au profit d’une nouvelle version, etc.

L’obsolescence programmée est la pierre angulaire du principe de « marché de renouvellement », que peu d’industriels se targuent d’éviter : il s’agit de la mise sur le marché d’une profusion de nouveaux produits ou de nouvelles versions du même produit.

Cette pratique s’appuie sur plusieurs phénomènes qu’elle amplifie en cercle vicieux :

  • La tentation d’achat et de possession de la part du consommateur ;
  • La croyance populaire qu’il est « moins cher d’acheter neuf plutôt que de faire réparer » ;
  • La grande déficience en solutions de réparation des objets technologiques dans notre société (malgré une nouvelle économie émergente depuis quelques années)

Si le terme d’obsolescence programmée est apparu pour la première fois en 1932, et que sa popularisation date des années 60, la prise de conscience et la réaction du public fut tardive et la légifération encore plus. Ce n’est qu’en juillet 2015 qu’une loi est votée en France, punissant l’obsolescence programmée, qui devient alors un délit. Elle reste néanmoins très présente dans nos produits du quotidien, sous différentes formes et généralement difficile à détecter de manière flagrante.

…PORTEUR DE NOMBREUX VICES

D’un point de vue économique pour les ménages, l’obsolescence programmée ne fait pas qu’augmenter le budget de consommation pour les produits concernés, elle fractionne également la population de consommateurs, entre ceux qui peuvent acheter des produits chers et réputés durables et ceux qui ne pourront se tourner que vers des produits accessibles de basse qualité.

Par ailleurs, s’il est effectivement moins cher (et souvent plus facile) d’acheter un produit neuf plutôt que de réparer l’ancien, c’est parfois au prix d’un niveau de qualité réduit et donc d’un renouvellement plus fréquent, ce qui rend au final l’exercice plus onéreux pour le consommateur.

Sur le plan environnemental, cette course à la production génère également une surutilisation de certaines ressources limitées, alors même qu’une grande part des composants des produits rendus obsolètes ne rentre pas toujours dans une solution de recyclage, augmentant ainsi chaque année le volume de déchet industriel.

Enfin, en arrière-plan, comme l’écrit Philippe Frémeaux, d’Alternatives Économiques, « l’idée même d’obsolescence programmée apparaît comme une insulte au travail de quantité d’ingénieurs, techniciens et ouvriers s’efforçant chaque jour d’atteindre le zéro défaut, la qualité totale, tout en offrant le meilleur rapport qualité-prix ».

LES NOUVELLES SOLUTIONS

Alors, doit-on subir l’obsolescence ou peut-on programmer la pérennité ?

Avec notamment le renforcement de la prise de conscience environnementale, de nouvelles solutions émergent, telles que l’économie de la fonctionnalité.

Le principe est simple et très vertueux : remplacer l’achat et la possession d’un objet par sa location en fonction de ses besoins. Les acteurs industriels ont alors tout intérêt à fabriquer des biens durables, facilement réparables, reconditionnables, etc.

L’économie circulaire est, quant à elle, un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du Développement Durable en s’inspirant notamment des notions de l’économie de la fonctionnalité, de l’économie de la performance et de l’écologie industrielle (qui veut que le déchet d’une industrie soit recyclé en matière première pour elle-même ou pour une autre industrie).

Une telle économie fonctionne en boucle, limitant ainsi fortement (parfois même totalement) la notion de déchet, avec pour objectif de produire sans gaspiller de matières premières, ni d’utiliser de sources d’énergies non-renouvelables.

S’appuyant sur ces différentes notions, la « pérennité programmée » consiste à éco-concevoir un produit en prenant en compte son évolutivité future, dans but de le rendre toujours plus durable, de limiter et faciliter les réparations et opérations de maintenance, de reconditionner ou recycler tout ou partie des composants en fin de vie, voire même d’offrir au produit une seconde vie.

Il s’agit d’un choix industriel volontaire, prenant en compte non plus uniquement des enjeux financiers, mais également les enjeux environnementaux et sociaux, ainsi que la satisfaction de l’usager.

En parallèle, si la législation a beaucoup tardé à légiférer sur l’obsolescence programmée, elle est actuellement en pleine évolution, avec notamment la Loi anti-gaspillage de 2019, qui rend obligatoire l’Indice de Réparabilité (depuis 2021) et l’Indice de Durabilité (mise en place à partir de 2024 et qui inclut des critères tels que la fiabilité et la robustesse du produit).

 

Depuis sa création, Batconnect s’inscrit dans cette démarche durable, en témoigne sa politique industrielle volontairement engagée : éco-conception des batteries, recherche permanente de réduction de l’impact carbone, rallongement de la durée de vie des composants, réparabilité, recyclage et reconditionnement, programme de seconde vie matérielle, offre en Location Longue Durée, etc.

La durée de vie optimisée des batteries Batconnect est rendue possible notamment par leur connectivité, permettant d’effectuer des diagnostics à distance, d’éviter les pannes ou les problèmes matériels liés à un mauvais usage ou encore d’optimiser leur programmation.

Batconnect inscrit par ailleurs son aventure dans le cadre du développement national de l’industrie électrique, et notamment dans le berceau qui l’a vu naître, la Région Occitanie. À ce jour, Batconnect a créé une dizaine d’emplois locaux directs et indirects, et fait travailler un grand nombre de sous-traitants en Occitanie et en France, permettant en outre de bénéficier d’une grande réactivité et de produits de qualité.

Pour finir, l’engagement environnemental et social de Batconnect l’amènera fin 2022 à inaugurer sa première unité d’assemblage de packs batterie sur le sol français (Toulouse, 31).

Crédit « Subir l’obsolescence ou programmer la pérennité ? » : Unsplash @Hans Ripa